NB : Désolé pour le côté brouillon, j’ai un peu tapé ça à l’arrache en me basant sur mes recherches, mes lectures,
les discussions que j’ai pu avoir. A venir le penchant plus « vie courante ».
Bon, autant que Tokyo ne l’est pas non plus ou que Paris n’est pas la France me direz-vous, mais l’Histoire de l’ancien Royaume des Ryukyus se démarque singulièrement du reste de l’archipel
nippon. Histoire qui entraîne encore aujourd’hui certaines différences.
Il me parait évident que l’appréciation des relations entre l’île et sa métropole est étroitement lié à l’histoire personnelle de chacun. Mon premier long séjour se faisant ici il me semble plus naturel de pencher plus d’un côté que de l’autre…
Jusqu’à la restauration Meiji (1868-9), le Japon, se limitant alors aux îles de Honshu, Shikoku et Kyushu connaît une fermeture quasi-totale (sakoku). Ce n’est que durant le deuxième
XIXe siècle que le pays s’ouvre aux influences étrangères, principalement européennes, et prend conscience des enjeux géopolitiques mondiaux. Enjeux qui vont rapidement conduire à une
colonisation complète de la nordique Hokkaido dépossédant et parquant les Aïnus qui y vivaient alors. Ces derniers qui après avoir été pratiquement exterminés sont reconnus en 1899 par le
gouvernement japonais afin de damer le pion à la Russie des Tsars qui convoite aussi ces territoires. Les enjeux stratégiques et économiques d’Hokkaido et des îles avoisinantes (les actuelles
Sakhaline et Kouriles) sont les principales raisons de la guerre russo-japonaise de 1905.
Le Japon rattrape peu à peu sont retards sur les puissances européennes, de plus en plus présentes en Asie, et connaît une importante poussée expansionniste que se soit sur
la péninsule coréenne ou encore Formose (Taiwan).
Durant l’ère Meiji, le Japon s’étend aussi vers le sud et en particulier le Royaume des Ryukyus ancien vassal de la Chine.
Le gouvernement établit un système éducatif visant à la modernisation de l’île qui n’est rien d’autre qu’une « conversion » des habitants en leur inculquant le japonais ainsi que les us
et coutumes de la nouvelle métropole. C’est la position stratégique de l’archipel qui va provoquer deux « conversions » en moins de cent ans (Japonaise puis étasunienne). Deux pays vont
tenter de tirer profit au maximum d’une île en y instaurant des politiques linguistiques et culturelles.
Originellement les habitants ne parlaient pas japonais et leur culture est différente. Les différentes récupérations et modifications historiques font maintenant croire à une sorte de sous
culture japonaise mais il n’en est rien. J’insiste sur ce point car de nos jours la culture okinawaïenne est souvent présentée comme une sorte « beta-version » du Japon. Il s’agit de
deux cultures différentes qui bien entendues, à cause de leur proximité se sont influencées mutuellement et ont été toutes deux très fortement marquées par la Chine.
Par exemple, le sanshin, instrument d’Okinawa est par beaucoup considéré comme la version d’Okinawa du célèbre shamisen japonais, ce que je pensais aussi il y’a
encore peu, mais après avoir discuté avec une personne qui avait joué des deux, il s’agit vraiment de deux instruments différents qui ne se ne jouent pas tout de la même
manière.
De même pour la langue l’Uchinaa guchi dont j’avais parlé dans un article précédent. Les exemples sont multiples.
Une des particularités des okinawaiens est d’être très ouvert sur le monde. L’île a été un important carrefour commercial en Asie du sud-est avant et pendant la fermeture de l’époque Edo. Pendant des siècles, nombreuses sont les personnes ayant étudiées en Chine.
Ce mélange (chanpuru en Okinawaïen) et la pluri culturalité sont une importante part de la culture okinawaïenne et de son identité. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les recherches et les dizaines de livres écrits par des étasuniens sur ces sujets tendent à montrer que les militaires ont essayés de tirer profit de cette particularité et que le choix de l’île n’a pas été uniquement dû au hasard géographique.
Les différentes politiques linguistiques lancées par le gouvernement US n’avaient pas uniquement pour but de développer l’anglais. En plus d’envoies d’étudiants aux Etats-Unis, l’armée a
construit la première université à Okinawa en 1950. C’est le premier établissement d’enseignement supérieur de l’île, et sa localisation, les ruines du château Shuri l’ancienne capitale est un
important symbole. Mais on peut remarquer à quel point Okinawa est en retard par rapport aux autres préfectures. En 1945 il y’a 46 universités, le Japon est alors le deuxième pays au monde après
les USA. Leur prestige est aussi bien social qu’intellectuel. Même Hokkaido pourtant rentrée dans le giron nippon durant les mêmes années qu’Okinawa est dotée d’une université impériale en 1918.
On peut remarquer que les politiques du Gouvernement japonais sont de natures très différentes qu’il s’agisse de colons du Hondo (terre principal) ou d’okinawaïens. La construction de
l’université est clairement liée avec le fait de vouloir transformer la société okinawaïenne en une société étasunienne à travers l’administration par les militaires et l’enseignement. (Je ne
vais pas détailler toutes les politiques lingustiques mises en oeuvres).
En effet après la Deuxième Guerre mondiale, l’île est sous tutelle du gouvernement US et est dirigée par des militaires. Toutes tentatives de « nationalisme nippon » sont enrayées. Ce
n’est pas anodin si sur des cartes du Japon datées de 1949 les îles ryukyus en sont absentes …
Ne voulant pas trop m’étendre dessus on peut retenir que les réformes en faveur des droits de l’homme et de la démocratie au Japon n’ont pas eues lieu à Okinawa, le drapeau japonais hi no maru était autorisé lors de très rares fêtes, les personnes ne pouvaient pas circuler librement sur l’île d’Okinawa et ne pouvaient pas se rendre librement au Japon, le nombre de produits en provenances des USA ont considérablement augmentés (Fast-food, musique, coca-cola, etc.) De nombreux centres culturels visant à développer la culture étasunienne ont été ouverts, mais très souvent réservé à l’élite de l’île et à la société aisée.
L’administration US applique une politique « culturelle » visant à séparer les okinawaïens des japonais, l’ancien nom des Ryukyus est d'ailleurs à nouveau usité (le terme d’Okinawa ne se trouvait sur aucun document officiel). Ils promurent aussi la culture « traditionnelle » telle que le tissage des kimonos, le théâtre, les danses ou encore les poteries mais en insistant bien sur le côté « folklorique ». Tout était sagement contrôlé afin que les volontés indépendantistees soient aussi réfrénées. La culture a été d’une certaine manière vidée de son contenu pour n’être qu’une activité comme les autres plaisant aux touristes et flattant tout de même l'égo des okinawaïens . Les autorités militaires ont aussi insistés sur la victimisation des populations locales et son exploitation par le Japon impérialiste. La discrimination des populations ryukyus par le Japon durant l’ère Meiji a été exacerbé….
On peut comprendre ainsi, en espérant avoir été clair, que la situation d’Okinawa n’est pas aussi simple ou manichéenne que l’on pourrait le penser. Le poids de l’Histoire et
chaque jour présent et les problèmes liés à la Deuxième Guerre mondiale l’île au Gouvernement nous le montre parfaitement. Durant mon voyage à Honshu j’ai pu malheureusement remarquer le
dénigrement dont peuvent être victime les habitants des Ryukyus. Ce qui existe aussi dans le sens inverse, il ne faut pas non plus verser dans l’angélisme. Lors d’un entretient d’embauche entre
un nom « d’ici » ou de « là bas » je ne pense pas avoir besoin de vous expliquer qui décrochera le boulot ….
Pour beaucoup Okinawa n'est qu'une vaste plage sur lesquels dansent de gentils okinawaïens ivres d'awamori ayant le rythme dans la peau.
"Toutes situations blablabla...."
La grotte c'est le trou dessous, mais on voit
rien du tout!
Campagne okinawaïenne.
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J'ai bien écrit 3 JANVIER .....et c'était la fin
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Mon fond d'écran pendant pas mal de temps....
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Commentaires